La famille de Bertier

La famille de Bertier-Montrabé

  • La famille Bertier fait partie des plus anciennes familles de Toulouse. Elle compte plusieurs capitouls, président de Parlement, évêques ou abbesses.
    Comme nous l’avons vu précédemment, les Bertier acquièrent la seigneurie de Montrabe au début du XVIe siècle, par le mariage le 8 janvier 1509 (contrat) de Simon de Bertier, seigneur de St-Geniès et Astrugue Boix.
    Simon fait partie de la branche cadette des Bertier, la branche aînée possède la baronnie de Pinsaguel.
    1/
    Simon et Astrugue ont neuf enfants
  •  Louis, qui suit,
  • Jean, marié à Germaine Custos,
  • Antoinette, mariée à Nicolas de Benoît, seigneur de Pechbonnieu
  • Beatrice, mariée en 1ères noces à Pierre Fiel, puis en 2ndes noces à Bertrand du Sol,
  • Beatrix, mariée à Innocent de Cironis, elle meurt avant 1574,
  • Anne mariée à Gabriel de Monestiers,
  • Catherine,
  • Marie, religieuse
    Simon est écuyer et secrétaire du roi. A sa mort, la seigneurie passe aux mains de son fils aîné Louis.

    2/ Louis, comme son père est secrétaire du roi. Il se marie le 21 août 1541 avec Margueritte du Tappié de Roques de Montel. Ils ont au moins huit enfants :
  • Philippe, qui suit,
  • Bertrand, abbé de Lézat, prévôt du chapitre St-Etienne de Toulouse, mort le 17 octobre 1628.
  • Catherine, mariée en 1ères noces à Jean Maruc (en 1556 voir A.D. 6J43 contrat de mariage) et en 2ndes noces à Jean Gineste
  • Marie, mariée à Clément de Long
  • Guillaume, seigneur de St-Geniès, marié le 5 septembre 1572 à Françoise de Mansencal. Il fut secrétaire du roi et chef du Conseil de la reine de Navarre. Il est mort en 1622.
  • Catherine, mariée à Jacques du Born.
  • Jean Louis, né en 1556, évêque de Rieux de 1602 à 1620.

    Jean Louis Bertier, évêque de Rieux de 1602 à 1620

     

C’est un proche de Henri IV. Le roi lui confia la délicate mission de se rendre auprès de sa femme Marguerite, la célèbre reine Margot, pour la décider à annuler son mariage.
Par la suite, il restera aux côtés de Marguerite en tant que chancelier, jusqu’en 1615, date du décès de la souveraine. Ce n’est qu’à cette date qu’il se rendit pour la première fois dans son évêché de Rieux alors qu’il avait été nommé évêque en 1602.
Il y meurt le 15 juillet 1620 et est enterré dans le chœur de l’église cathédrale de Rieux.
Louis meurt le 29 janvier 1560 et c’est son fils aîné Philippe qui devient seigneur de Montrabe.

3/ Philippe de Bertier, eut une brillante carrière juridique. Président du Parlement de Toulouse, conseiller d’Etat, il est aussi
l’auteur de plusieurs ouvrages littéraires.Un de ses plus célèbres écrits est un poème latin à la gloire des saints dont les reliques sont conservées à St-Sernin.
Marié le 12 juillet 1569 à Catherine de Paulo, il lui donnera sept enfants
Jean, qui suit,
Jean Philippe, agent général du clergé de France, mort en 1667.
Bertrand, conseiller au Parlement de Toulouse, marié le 25 janvier 1612 à Jacquette de Catel
Marguerite, mariée en 1ères noces à Gaspard de Vignault, puis en 1600 avec Pierre de Caumels.
Catherine, mariée ne 1590 à Bertrand d’Alliès, puis en 1630 à N… du Bourg.
Marthe, mariée en 1604 à Gaubert de Caminade.
Jean Louis, abbé de Lézat. Il succède à son oncle Jean en tant qu’évêque de Rieux de 1620 à 1662.

Jean louis Bertier, évêque de Rieux de 1620 à 1662
Blason des évêques de la famille Bertier

Il est l’un des évêques les plus zélés et les plus remarquables de Rieux. Il travaille avec acharnement à relever son diocèse qui avait pâti des guerres de religion. Il meurt le 8 juin 1662 dans son palais épiscopal et son corps est enterré dans la crypte à côté de celui de son oncle.

Philippe décède en 1618. Son buste est exposé au musée des Augustins de Toulouse.

Philippe de Bertier
Philippe de Bertier

4/ Son fils Jean de Bertier lui succède. Il est un important personnage de la vie toulousaine du XVIIe siècle. Parlementaire reconnu par ses pairs, il acquiert en 1632 la charge de Premier Président du Parlement de Toulouse, puis devient chef du conseil de la Reine. Il est président lors du jugement et de l’exécution du duc de Montmorency.
Il est également célèbre pour avoir été l’un des principaux mécènes de la poésie toulousaine. Il hérite de son père la charge de mainteneur des Jeux Floraux, et en 1621, il y est élu chancelier.
il décède en 1652.
Le poète toulousain Goudouli lui a dédié une « fantaisie » en 1637-1638 intitulée « Description de la Fontaine-Montrabe ».

Description de la Fontaine-Montrabe
1637-1638
Je t’entends bien, Muse joyeuse
Qui viens me hanter à nouveau ;
Oh oui, reviens te promener
Dans les campagnes de Toulouse ;
On dit que jusques à Paris
Ton premier ramelet fleurit…
Toute langue fait des merveilles,
Mais pour porter l’admiration,
Un vers nous ouvre les oreilles
S’il est forgé en perfection.

Je connais, pour y prendre l’air
Un lieu de grâces et d’amours :
Grosse d’humeurs, une Fontaine,
Y met au monde cent beautés ;
Muse, tu seras à l’honneur

Protégée par un grand Seigneur
Honorant tout de sa présence,
Tu créeras une fleur nouvelle
Si, dans son jardin d’agrément,
Il te reçoit avec ferveur.

Qui peut compter les coquillages
Et les petits colimaçons
Qu’un artiste a distribués
Au
tour des conques gigantesques ?